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Identifier les spécificités du DPI dans les différents champs d'activité

Synthèse

La mise en place d’un dossier informatisé du patient permet de fournir des éléments d’information aux acteurs de la prise en charge du patient, sous forme informatiquement utilisable, aussi bien aux fins d’interaction avec des algorithmes thérapeutiques que de caractérisation épidémiologique et médico économique. Un dossier patient qui ne serait qu’une gestion documentaire ne remplirai qu’une partie mineure de ce rôle.

La réussite du projet d’implantation d’un DPI au sein d’un établissement de santé tient majoritairement dans la capacité du Directeur d’Etablissement, du président du CME, et de l’équipe projet à impliquer l’ensemble des acteurs dans le choix de la solution pour in-fine obtenir leur complète adhésion. Obtenir l’adhésion des acteurs nécessite que le DPI leur apporte une aide substantielle dans leurs taches journalières.

Dans un DPI, un certain nombre d’éléments d’information sont à rattacher directement à la personne, que ce soit sur le plan socio démographique ou physiopathologique, et doivent être tenus en permanence à disposition de tous les acteurs. À terme, ces éléments auront vocation à trouver place au sein d’un dispositif partagé tel que le DMP.

D’autres éléments sont plus particulièrement liés à un épisode ou à une modalité particulière de prise en charge. Ce peuvent être des éléments utiles momentanément pour des raisons opérationnelles, ou des données spécialisées, qu’il serait inutile, dispendieux, voire perturbant (pour des raisons de surcharge informationnelle) de communiquer à d’autres acteurs. Ils peuvent sans dommage être gérés dans un dispositif spécifique.

Dans certains cas, l’organisation de ces éléments ne répond pas à l’organisation classique d’une prise en charge habituelle dans les établissements de MCO. Cela peut éventuellement nécessiter la mise en place de dispositifs spécifiques.

Les principales particularités qui ont pu être relevées sont les suivantes.

MCO

L’activité trépidante des services d’urgence bénéficie d’un monitorage spatio-temporel serré de la situation des patients. Lors de leur arrivée, leur identité est souvent mal connue, et le statut administratif de consultant ou d’hospitalisé n’est pas encore défini. Néanmoins, l’accès aux données d’éventuelles venues antérieures est très souhaitable.

L’activité interventionnelle nécessite une planification pour assurer la disponibilité des ressources et des équipements, tout en dépendant des caractéristiques du patient. Les informations de suivi post interventionnel doivent être reliées à l’histoire du patient.

L’activité de réanimation se tient dans un contexte temporel et technologique spécifique.

L’obstétrique et la périnatalité doivent permettre la prise en charge unifiée de plusieurs séjours dont un seul est administrativement facturable. Le suivi du ou des nourrissons nécessite la liaison avec des informations critiques du suivi prénatal qui se trouvent dans le dossier de la mère.

SSR

Le SSR pose le problème d’un suivi longitudinal, de dispositifs de préadmission nécessitant l’enregistrement de données cliniques alors que le patient n’est pas encore admis, et d’une activité très spécifique : les actes peuvent concerner plusieurs intervenants et plusieurs patients simultanés, ils peuvent se dérouler en dehors du séjour enregistré du patient.

L’ergonomie doit être particulièrement soignée pour faciliter la planification et le suivi de prise en charge multi-acteurs pluriquotidienne.

Psychiatrie

Un certain nombre des spécificités de la psychiatrie rejoignent celles du SSR. On peut y ajouter la possibilité d’actes réalisés dans des séjours parallèles dans plusieurs structures, la gestion de permissions, le suivi des actes médico légaux, des problèmes de confidentialité particulièrement critiques, une éventuelle dualité de la responsabilité médicale (psychiatrique et somatique). Certains actes impliquent des personnes extérieures (famille). D’autres ont lieu en extérieur (séjours thérapeutiques).

L’ergonomie doit être adaptée à une prise en charge de secteur, pouvant comporter une centaine de structures différentes et de nombreux acteurs ayant des organisations et des besoins propres.

Autres spécificités

La prise en charge en HAD, USLD et EHPAD a de nombreuses spécificités, et celles-ci dépendent notamment du statut des intervenants, dont certains sont libéraux et ne dépendent que pour une faible partie de la structure. Des fonctions liées à la logistique et au suivi de la contractualisation sont intégrées au dossier. Là aussi, des activités doivent être réalisées en amont du séjour administratif du patient.

Il est nécessaire de pouvoir intégrer la gestion de projets de vie.

Conclusion

Il est parfois possible, notamment dans les établissements mono activité, qu’un seul outil puisse gérer en totalité l’ensemble des prises en charge rencontrées dans l’établissement.

Dans d’autres cas, on pourra choisir d’utiliser un seul outil rudimentaire ne gérant que la partie commune de l’activité, ce qui ne permettra pas à l’établissement de bénéficier de l’ensemble des bénéfices d’une informatisation complète. Le gain en performance de l’informatisation sera alors limité. Un risque est alors de voir se multiplier des systèmes d’information parallèles non coordonnés.

Enfin, dans de nombreux établissements, on peut choisir de bénéficier d’une informatisation élaborée dans chaque domaine d’activité. Assurer une interopérabilité maximale entre les différents composants permet de bénéficier au maximum des avantages en terme de performance et de sécurisation des parcours. L’impératif est alors de définir une base commune de partage, qui regroupe les éléments nécessaires à la coordination des parcours du patient entre les différents secteurs, et à en assurer la disponibilité pour chacune des briques logicielles utilisées. Cela représente encore à l’heure actuelle une difficulté importante, et bien souvent une démarche progressive sera nécessaire.

Les établissements rencontrés ont insisté sur plusieurs éléments qui doivent être rassemblés afin de garantir une parfaite réussite du projet :

Le corps de ce document permettra aux chefs de projet d’analyser les outils existants et de les confronter aux besoins des domaines à couvrir. La bonne compréhension des difficultés structurelles de chaque domaine facilitera l’arbitrage entre les différentes options qui s’offriront ensuite à)la direction pour couvrir l’ensemble de l’activité.